Bâton Libre

Avec Jean-Luc Sauge (http://www.otium.fr), nous avons convenu de joindre notre approche dans la pratique du bâton sous un label commun qui identifie clairement l'essentiel de ce que nous partageons en termes de valeurs et d'objectifs.

Le Bâton Libre :

est une démarche, un moyen, pas une fin en soi... On ne parle pas ici de méthode codifiée régie par une autorité particulière qui fixe des règles technico-tactique. Il n’y a pas non plus de « gourou » fondateur duquel se réclamer légitimement. Le Bâton Libre n’est pas figé, il vit et évolue au gré des contributions de chaque pratiquant chercheur qui adhère à ses valeurs et respecte ses principes (à la manière des logiciels « open source ») :

baton libre AAJC- l’ouverture à toute personne désirant pratiquer,

- le respect de l’intégrité physique et mentale de chacun,

- la recherche d’une expression libre favorisant la conscience de soi et des autres, une estime de soi équilibrée,

- la coopération et l’échange plutôt que l’opposition,

- le plaisir de l’apprentissage par le jeu...

Au programme d’AAJC, un travail en sensation de notre espace interne et externe, de la mobilité et de l’échange avec :

- Mise en forme : échauffement, étirements, assouplissements, tonification et relâchement...

- Manipulation : circulation, jeux de bâtons chorégraphiques

- Sensation (individuelle ou à deux) : rythmes, travail énergétique, écoute/adaptation/transformation 

- Précision : trajectoires, distance, placements et déplacements alignés

- Echanges : joutes libres ou codifiés

La pratique propose par le biais de son programme (exercices pédagogiques) de retrouver :

- le plaisir d’une aisance corporelle et relationnelle, d’une dextérité (à la manipulation) et d’une assurance de soi,

- l’émulation au cours d’échanges libres où l’harmonisation pacifique entre protagonistes prime sur le souhait de « victoire » ou de domination.

Loin de l’esprit de compétition, notre propos est d’offrir la possibilité et la satisfaction pour tous quelque soit son âge, son sexe et sa condition physique, de progresser tant que durera sa pratique.

Le jeu de l’échange libre et collaboratif consiste à construire ou improviser spontanément des enchaînements variés (en combinaisons plus ou moins complexes) où chaque protagoniste doit trouver une réponse élégante et équilibrée combinant rapidité, précision, aisance et « à propos » dans le strict respect de l’intégrité de son partenaire.

La recherche pourra être orientée par une thématique :

- chorégraphique par le jeu de la manipulation et des déplacements,

- technique par la recherche de stratégies / tactiques « gagnantes » inédites,

- énergétique par le niveau d’engagement (physique, émotionnel...) et la prise de risque (contrôlée)

Dans son approche globale, l’échange devient combat « martial » (où il est question de vie et de mort) et nous apprend à reconnaître et démystifier nos émotions (peur, colère, frustration, tristesse, apitoiement...), à les canaliser et les sublimer dans l’action.

En véritable catharsis, le combat nous permet métaphoriquement d’aborder les situations conflictuelles mieux armés, d’ouvrir le champ de nos attitudes (habitudes) et stratégies comportementales, d’opter pour la collaboration constructive tout en sachant « punir » si nécessaire et sortir de la dichotomie : avoir tort ou raison (contre l’autre : où même la victoire peut avoir un goût amère...)

Le bâton, vecteur pédagogique, relaie tous nos espoirs et nos doutes, révélateur de nos obsessions et de nos inhibitions, il se substitue à « l’autre » et à tout ce avec quoi il faut « faire » sans qu’on puisse pour autant lui imputer des intentions issues de nos questions d’affects (peut-on l’accuser de nos propres difficultés ?).